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Le blog du Vieux marmot

1. La muse morte

 

Colchique dans le sang la vie naît en automne

A l’aube d’un cœur mort le printemps s’époumone

Tu fus fille poème tu es muse du temps

Héroïne éphémère d’un drame adolescent

 

Eluard exprimait les soupirs en ton âme

Résonance magique à ma future flamme

Ironie de l’amour gisant dans un regard

 

Nu et vide est le rêve où je fuyais hagard

Ebahi d’être encore là où tu n’étais pas

Pour remontant les ans vers ta source vitale

Refleurir ton absence et l’oubli de tes pas

 

Un nuage dessine ton image nuptiale

Violant ma mémoire et ravivant ce voeu

Ouvrir l’encre sanglante et aller dans les cieux

Ton nom inscrire enfin sur la stèle éternelle

 

Et foudre de la langue dans le verbe vivant

Branche ressuscitée par les sources du vent

Ou feuillage bruissant comme un vol d’hirondelle

Tu parfumes les sons et imprime ta sève

Muse morte étendue sous le soleil du rêve

 

Comme un dernier rayon brûle l’ultime amour

Arraché au sommeil sans espoir de retour

Tu fus femme lumière tu es brise nocturne

Hespéride pommée dans le verger diurne

 

Eluard dévorant l’espace du souvenir

Résurgence tragique d’un être en devenir

Il y a du sang qui vibre dans une nue blafarde

 

Nuage d’espérance en la vie qui se farde

Et promet d’être douce comme lente tumeur

Pour mener la détresse au-delà du grand âge

Réservoir des désirs et macabre rumeur

 

Une marmotte danse sous la lune volage

Violant le terreau qui caresse tes os

Ouvre l’antre fatal où la mort perd les eaux

Te faisant naître enfin dans la sphère éternelle

 

Et foudre de la langue dans le verbe vivant

Branche ressuscitée par les sources du vent

Ou feuillage bruissant comme un vol d’hirondelle

Tu parfumes les sons et imprime ta sève

Muse morte étendue sous le soleil du rêve

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